Elisabeth Pochon Députée de la 8è circonscription de la Seine-Saint-Denis (Rosny-sous-bois, Villemomble, Gagny)

Quand la droite avait le souci des élèves ...mais ça c’était avant !

En témoignent les propos d’anciens ministres de l’Éducation nationale de droite qui se sont prononcés pour la réforme des rythmes scolaires.

Propos de deux anciens ministres de l’éducation nationale ce vendredi 05/10 matin en faveur de la réforme des rythmes scolaires : Xavier Darcos sur Itélé et Luc Ferry sur Radio Classique

Xavier DARCOS, ancien ministre de l’éducation nationale, membre de l’Académie française (matinale itélé)

Bruce TOUSSAINT
Alors, autre chose, c’est notamment ce livre « Oscar a toujours raison », c’est chez PLON. C’est un libre consacré à Oscar WILDE, c’est un objet assez étonnant, d’ailleurs, puisque ce n’est pas vraiment une biographie, c’est Oscar WILDE qui prend la parole à travers votre plume, dans le monde d’aujourd’hui. Mais le monde d’aujourd’hui, avant de parler d’Oscar WILDE, il est marqué par une polémique qui a forcément du vous intéresser, qui concerne l’école. Vous avez été ministre de l’Education nationale, pendant de nombreuses années ; la polémique sur les rythmes scolaires, je voudrais vous poser une question, or de toute querelle politique : qu’est-ce qui est le mieux pour les enfants, selon vous, Xavier DARCOS ?

Xavier DARCOS
Je crois que l’intuition éternelle, c’est qu’il faut à tout prix trouver un temps dans l’après midi où les enfants, surtout ceux qui sont le plus loin de la culture, puissent avoir des loisirs, du sport, des actes éducatifs différents de l’école. Donc, tout le monde cherche à le faire l’après midi. Mais c’est d’une complexité sans nom. D’abord parce qu’il faut des lieux pour le faire, il faut des stades, il faut des équipements et on ne les a pas partout. Et deuxièmement parce qu’on ne sait pas exactement qui doit le faire et dans quel cadre. Donc, le sujet est très ancien. J’entends parler des rythmes scolaires depuis 40 ans, sa mise en œuvre est plus compliquée.

Bruce TOUSSAINT
Oui, vous, vous aviez supprimé le samedi matin, lorsque vous étiez aux affaires, et vous aviez envisagé cette formule ? Vous y aviez réfléchi ?

Xavier DARCOS
Oui, nous souhaitions évidemment que l’emploi du temps s’organise, de telle sorte que l’après midi soit plus tournée vers les activités, à caractère culturel ou sportif. Mais je le répète, ce sont des questions matérielles qui le rendent difficile. Moi, j’avais simplement considéré que le samedi matin devait être rendu aux familles, et qu’ensuite la semaine devait s’organiser comme on l’entendait.

Bruce TOUSSAINT
Oui. Et est-ce que vous regrettez que le sujet soit aujourd’hui aussi politisé ?

Xavier DARCOS
Oui, je pense que ce n’est pas l’intérêt des enfants, des jeunes, qu’ils soient saisis dans une polémique politique, et puis... Les gens qui sont aux affaires, quels qu’ils soient, Vincent PEILLON comme les autres ministres, ne sont ni méchants ni bêtes, ils cherchent l’intérêt des élèves. Personne ne vient aux affaires pour nuire à l’école. Donc il faut essayer de mettre un peu de calme dans tout cela.

Luc FERRY, ancien ministre de l’éducation nationale (matinale Radio Classique)

Guillaume DURAND
On voit des enseignes qui ne respectent plus les règles qui leur sont assignées par la justice en matière de travail le dimanche ; on voit sur les rythmes scolaires des gens qui appellent finalement à ne pas respecter la réforme de Vincent PEILLON. Est-ce qu’on n’est pas repartis aujourd’hui dans un phénomène qui serait tout à fait nouveau, c’est-à-dire de gens qui – n’ayant pas accepté finalement la victoire de François HOLLANDE – sont partis pour désobéir ?

Luc FERRY
Ce n’est pas un phénomène nouveau. Ce qui caractérise les sociétés démocratiques, quand elles rentrent dans ce qu’on appelle bêtement la modernité, c’est-à-dire dans les années 70, c’est l’atomisation du social…

(…)

Guillaume DURAND
D’accord, mais est-ce que les gens dans ce climat que vous décrivez et qui est celui justement de la désobéissance sociale ou de la désobéissance civile, vont tenir compte des réformes qui sont faites, parce que pour l’instant elles sont obérées par un nuage de couacs.

Luc FERRY
Oui mais vous voyez…

Guillaume DURAND
Et à droite de rivalités qui sont des rivalités personnelles violentes…

Luc FERRY
Oui, et puis par exemple on voit… on va critiquer cette malheureuse loi sur les rythmes scolaires qui est sur le principe extrêmement bonne, c’est une question d’application et donc de bonne volonté à la fois des maires et des instits, mais là c’est pour des raisons purement politiciennes, donc ce n’est pas bien de faire ça. Et donc quand je vois l’UMP sur la même ligne que les syndicats les plus archaïques et les plus conservateurs, ça me désole, bon !